05/02/2004

Lettre d'une mère à son fils :

Cher fils,

 

Je t'écris ces lignes pour que tu saches que je t'écris. Alors, si tu reçois cette lettre c'est qu'elle est bien arrivée. Si tu ne la reçois pas tu me préviens pour que je te la renvoie. Je t'écris lentement parce que je sais que tu ne lis pas très vite.

L'autre jour, ton père a lu que, selon les enquêtes, la plupart des accidents arrivent à 1 km de la maison, aussi nous nous sommes décidés à déménager plus loin.

La maison est superbe ; elle a une machine à laver, mais je ne suis pas sûre qu'elle fonctionne. Hier, j'ai mis le linge dedans, j'ai tiré la chasse et je n'ai plus vu le linge depuis, mais bon.

A propos de la veste que tu voulais, ton oncle Pierre m'a dit que si nous te l'envoyions avec les boutons, comme ils sont lourds, ça coûterait plus cher; alors, nous avons enlevé les boutons et les avons mis dans la poche.

Nous avons enfin enterré ton grand-père; nous avons trouvé son corps lors du déménagement. Il était dans l'armoire depuis le jour où il a gagné en jouant à cache-cache.

Je te raconte que l'autre jour il y a eu une explosion à gaz dans la cuisine, et ton père et moi sommes sortis propulsés dans l'air au dehors de la maison; quelle émotion ! C'est la première fois que ton père et moi sortons ensemble depuis des années. Le médecin est venu à la maison pour voir si nous étions bien et il m'a mis un tube en verre dans la bouche. Il m'a dit de la fermer pendant 10 minutes, ton père lui a proposé de lui racheter le tube.

Et puisqu'on parle de ton père, je t'annonce qu'il a du travail, il en est fier, il travaille au dessus d'à peu près 500 personnes. Ilsl'ont pris pour couper le gazon dans le cimetière. Ton cousin Paul s'est marié et il prie tous les jours devant sa femme, parce qu'elle est vierge. Par contre, on n'a plus revu l'oncle Isidore, celui qui est mort l'année dernière.

Ton chien Pouky nous inquiète, il continue à poursuivre les voitures à l'arrêt. Mais ton frère Jeannot, c'est pire. Il a fermé la voiture et il a laissé les clefs à l'intérieur. Il a du aller chez lui chercher le double pour pouvoir nous sortir tous de là.

Bon, mon fils, je ne t'écris pas l'adresse sur la lettre, je ne la connais pas !

En fait la dernière famille qui a habite ici est partie avec les numéros pour les remettre dans leur nouveau domicile. Si tu vois Marguerite, passe lui le bonjour. Si tu ne la vois pas, ne lui dis rien.

Ta mère qui t'adore

Antoinette

P.S. J'allais te mettre quelques sous, mais quand j'y ai pensé, j'avais déjà fermé l'enveloppe.

 


12:13 Écrit par Pygargue1 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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